A la vie!

Projet en répétitions
Création le 3 novembre 2021 à la MC2-Grenoble puis tournée 

À la vie ! prend pour terrain d'enquête un sujet intime, politique, universel, toujours polémique et parfois tabou : celui du passage de la vie à la mort.
Le spectacle s'écrit au croisement de scènes du répertoire théâtral et d'une écriture documentaire née d’une enquête en milieu hospitalier et au centre d’éthique clinique à Paris. Le spectacle met en jeu à la fois les questions de la représentation et les grandes questions éthiques et légales posées par la question de la fin de vie aujourd'hui en France.

NOTE D'INTENTION

En mars 2019, je proposais à l’ensemble de l’équipe de notre précédent spectacle un thème de recherche et d’enquête pour une nouvelle création : la mort. Mon hypothèse de départ était : Est ce que le rapport qu’une société entretient avec la mort dit quelque chose d’elle-même?  De son évolution ? De son degré d’humanité ? De son organisation anthropologique ?  De son système politique ? 

D’avril à décembre 2019, je passais plusieurs mois dans des services de réanimation, je rencontrais des médecins en soins palliatifs, des psychologues. Avec l’équipe nous rencontrions Véronique Fournier, alors directrice du centre d’éthique clinique de l’Hôpital Cochin. Nous commencions un travail approfondi sur l’éthique et son fonctionnement, ses outils. Nous interrogions aussi la loi, son évolution. 

Cette plongée dans la question de la mort se révéla abyssale : nos certitudes se fissuraient, chaque situation levant de nouveaux voiles, révélant de nouvelles subjectivités, de nouveaux points de vue que nous n’avions jamais envisagés et que nous pouvions pourtant comprendre et épouser. Regarder les hommes face à la mort nous invitait à quitter toute bien-pensance, toute normativité, nous faisait plonger dans le monde de la controverse, de la pensée complexe, dans l’altérité radicale. L’équipe entière se sentait transformée par cette recherche. Sans tout savoir encore de la forme du spectacle, nous savions en tous cas, que, tout comme les grands textes, les grands sujets sont des écoles.

En mars 2020 commençait une période de plusieurs mois de confinement en France suite à la pandémie de Covid 19. Avec elle, une remise en cause de nos vies intimes et professionnelles, une crise de sens lié à notre pratique, à sa nécessité, à nos engagements. Une crise de foi en somme. Que peut le théâtre fasse à la réalité concrète, palpable, imminente ? Face à la peur, face à la mort, face à la maladie ?

Nous nous étions engagés dans cette enquête sur la mort avec une certaine distance et voilà que la réalité nous rattrapait, que chacun d’entre nous se retrouvait soudain confronté à la violence de la situation. Comment continuer à travailler sur un tel sujet dans ce contexte ? comment le faire sans se faire plus mal encore ? Sans se mettre en danger ? L’hypocondrie, la superstition et autre pensée magique planaient au-dessus du projet. Le doute aussi. Comment en effet imaginer présenter un tel spectacle au public au sortir de cette crise ? Qui aurait envie de revenir dans une salle de théâtre, avec un masque, pour s’entendre parler de la mort après ce que nous étions en train de vivre ?! D’aucun prétendait que le public aurait plus que jamais le besoin de rire, de se divertir : littéralement, se détourner de la mort !

Effrayés de la concomitance de notre sujet avec l’actualité, nous avons un instant évoqué la possibilité de le transformer. Mais nous ne cessions pas de travailler pour autant, nous réunissant une fois par semaine sur internet. Nous étions trop fermement en chemin, nos découvertes étaient trop stimulantes : il nous fallait en découdre. Et puis est apparue la certitude que, au contraire, cette pandémie invitait notre société à repenser sa relation à la mort de façon urgente et que le théâtre était le lieu où un rituel le permettant était possible. Sortir du flux médiatique pour faire un pas de côté, prendre un peu de hauteur, oser venir au théâtre pour y mesurer ensemble sa fonction cathartique. 

Cette crise nous a fait mesurer combien le déni de la mort participe à augmenter l’angoisse collective. Au lieu d’être considérée dans nos sociétés occidentales comme notre destin à tous, une réalité sur laquelle il faut méditer car elle est inéluctable, la mort devient l’ennemi à combattre. Ce déni entretient l’illusion de la toute-puissance, du progrès infini. Il nous conduit à ignorer tout ce qui relève de la vulnérabilité, la nôtre y comprise. Il est responsable d’une perte d’humanité. Enfin, appauvrissant nos vies, ce déni nous fait rester à la surface des choses, loin de l’essentiel, il ne nous aide pas à vivre.  

Nous avons entre 30 et 40 ans et nous avons eu la chance de pouvoir considérer pendant longtemps que la mort était une chose bien triste qui généralement n’arrivait qu’aux autres. Puis la vie passant, il a bien fallu que la mort fasse irruption dans nos vies, déflagration inévitable dans l’immortalité bienheureuse qui était la nôtre. Nous sommes devenus des êtres friables et périssables, peureux et effrayés. Une vie nouvelle a pris la place, se nourrissant de petits bonheurs et de seconde d’éternité, de joies éphémères et de la beauté des instants... Les insolents que nous fûmes apprirent le gout précieux de la vie : « tout cela ne durera que peu, goutons le avec délectation, rions à gorge déployée et que le théâtre nous vienne en aide ! » 

Ce spectacle est le récit d’une enquête intime et collective sur la vie, une ode au jeu, à l’instant présent et au théâtre, seul lieu qui puisse nous apprendre à mourir.  Ce spectacle est un hommage à ce qui fait de nous des êtres désirants et fraternels. Ce spectacle est dédié à ceux qui sont partis, aux absents qui nous accompagnent. Ce spectacle est une déclaration d’amour À la vie !

Elise Chatauret, Août 2020

ÉQUIPE

Écriture : Élise Chatauret, Thomas Pondevie et la Compagnie Babel
Mise en scène : Élise Chatauret
Dramaturgie et collaboration artistique : Thomas Pondevie
Avec : Justine Bachelet, Solenne Keravis, Emmanuel Matte, Charles Zévaco et Juliette Plumecocq-Mech  

Scénographie : Charles Chauvet 

Costumes : Charles Chauvet assisté de Morgane Ballif

Lumières : Léa Maris 

Création sonore : Lucas Lelièvre assisté de Camille Vitté

Régie générale : Jori Desq

Production et administration : Véronique Felenbok et Lucie Guillard

Décor : Atelier de la MC2:Grenoble

 

CALENDRIER

Enquêtes, entretiens, écriture : de mars 2019 à juin 2020

Répétitions : 8 semaines entre novembre 2019 et novembre 2020

Création :

3 au 7 novembre 2020 - MC2 – Grenoble
12 novembre au 13 décembre 2020 - Théâtre de la Tempête à Paris
10 et 11 février 2021 - Malakoff scène nationale
16 au 19 mars 2021 - Le Théâtre Dijon Bourgogne, CDN
30 mars au 2 avril 2021 - Théâtre Romain Rolland à Villejuif
Et à venir en 21/22 : Théâtre de Chelles, Théâtre d’Arles...

 

PRODUCTION

Compagnie Babel - Élise Chatauret

COPRODUCTIONS : MC2 Grenoble ; Malakoff Scène Nationale ; Théâtre Romain Rolland, Scène conventionnée d'intérêt national de Villejuif ; Théâtre d’Arles, Scène conventionnée d’intérêt national – art et création – nouvelles écritures; le Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national.

SOUTIENS : La compagnie est conventionnée par la Région Île-de-France et le Ministère de la Culture DRAC Île-de- France.
Avec l’aide à la création du département du Val-de-Marne, de la Ville de Paris, de la Région Île-de-France, de l’ADAMI et de la SPEDIDAM. Avec le soutien du Centquatre-Paris et du Nouveau théâtre de Montreuil – Centre dramatique national.

De 2018 à 2020, la compagnie est en résidence artistique au Théâtre Roger Barat d’Herblay-sur-Seine, avec le soutien de la Ville d’Herblay, de la DRAC Île-de-France, du Conseil général du Val d’Oise et du Festival théâtral du Val d’Oise. La compagnie est en résidence à Malakoff Scène Nationale en 2019, 2020 et 2021. A partir de janvier 21, la compagnie est associée au Théâtre des Quartiers d’Ivry-Centre dramatique national du Val-de-Marne et au Théâtre de la Manufacture, Centre dramatique national Nancy-Lorraine.

L’écriture d’À la vie part d’une enquête sur un sujet complexe, intime, politique, universel, toujours polémique et parfois tabou : celui du passage de la vie à la mort. Une enquête impossible pourrait-on dire - car qui pour témoigner précisément ? - mais dont le théâtre est le lieu de prédilection. 

Si la mort est l’une des choses les plus difficiles qu’il nous soit donné d’imaginer et de vivre, c’est aussi l’un des sujets qui provoque le plus d’empathie, et peut-être l’un des moments les plus intenses de la vie, où se questionne la possible liberté de chacun. En quoi ce moment si personnel recèle-t-il quelque chose de profondément politique ? La façon dont on meurt aujourd’hui en France dit-elle quelque chose de notre société en général ? Qui choisit à ce moment-là ? Le mourant, sa famille, les soignants ? Qu’est-ce que l’institution et la loi prévoient-ils ? En quoi s’interroger sur la mort est-il une façon de questionner la liberté et le choix de vie de chacun face à la société ? Avec quels outils éthiques penser cela ? Et comment traduire sur scène ce défi posé à l’imaginaire ? 

À la vie ! propose de s’arrêter ensemble sur ce qui est souvent tu et solitaire pour nous mettre au travail d’une réflexion collective sur ce qui, au fond, nous constitue et se révèle dans notre rapport à la mort. Nous imaginons ce spectacle comme un hommage à ce qui fait de nous des êtres désirants et fraternels, comme une grande machine à récits, intimes et collectifs, comme la démonstration sensible des possibles du théâtre, comme un hymne doux et tendre À la vie !

L’écriture d’À la vie part d’une enquête sur un sujet complexe, intime, politique, universel, toujours polémique et parfois tabou : celui du passage de la vie à la mort. Une enquête impossible pourrait-on dire - car qui pour témoigner précisément ? - mais dont le théâtre est le lieu de prédilection. 

Si la mort est l’une des choses les plus difficiles qu’il nous soit donné d’imaginer et de vivre, c’est aussi l’un des sujets qui provoque le plus d’empathie, et peut-être l’un des moments les plus intenses de la vie, où se questionne la possible liberté de chacun. En quoi ce moment si personnel recèle-t-il quelque chose de profondément politique ? La façon dont on meurt aujourd’hui en France dit-elle quelque chose de notre société en général ? Qui choisit à ce moment-là ? Le mourant, sa famille, les soignants ? Qu’est-ce que l’institution et la loi prévoient-ils ? En quoi s’interroger sur la mort est-il une façon de questionner la liberté et le choix de vie de chacun face à la société ? Avec quels outils éthiques penser cela ? Et comment traduire sur scène ce défi posé à l’imaginaire ? 

À la vie ! propose de s’arrêter ensemble sur ce qui est souvent tu et solitaire pour nous mettre au travail d’une réflexion collective sur ce qui, au fond, nous constitue et se révèle dans notre rapport à la mort. Nous imaginons ce spectacle comme un hommage à ce qui fait de nous des êtres désirants et fraternels, comme une grande machine à récits, intimes et collectifs, comme la démonstration sensible des possibles du théâtre, comme un hymne doux et tendre À la vie !

L’écriture d’À la vie part d’une enquête sur un sujet complexe, intime, politique, universel, toujours polémique et parfois tabou : celui du passage de la vie à la mort. Une enquête impossible pourrait-on dire - car qui pour témoigner précisément ? - mais dont le théâtre est le lieu de prédilection.

Si la mort est l’une des choses les plus difficiles qu’il nous soit donné d’imaginer et de vivre, c’est aussi l’un des sujets qui provoque le plus d’empathie, et peut-être l’un des moments les plus intenses de la vie, où se questionne la possible liberté de chacun. En quoi ce moment si personnel recèle-t-il quelque chose de profondément politique ? La façon dont on meurt aujourd’hui en France dit-elle quelque chose de notre société en général ? Qui choisit à ce moment-là ? Le mourant, sa famille, les soignants ? Qu’est-ce que l’institution et la loi prévoient-ils ? En quoi s’interroger sur la mort est-il une façon de questionner la liberté et le choix de vie de chacun face à la société ? Avec quels outils éthiques penser cela ? Et comment traduire sur scène ce défi posé à l’imaginaire ? 

À la vie ! propose de s’arrêter ensemble sur ce qui est souvent tu et solitaire pour nous mettre au travail d’une réflexion collective sur ce qui, au fond, nous constitue et se révèle dans notre rapport à la mort. Nous imaginons ce spectacle comme un hommage à ce qui fait de nous des êtres désirants et fraternels, comme une grande machine à récits, intimes et collectifs, comme la démonstration sensible des possibles du théâtre, comme un hymne doux et tendre À la vie !